Schwarzwald Forum RPG
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Âmes sensibles s'abstenir.

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« Les crucifiés chantent et leur choeur me met en joie ; regardez tous ces rouages mû par une seule volonté, un seul but. Ne plus souffrir. Et pourtant, si leurs voix se cassaient, ils seraient exemptés.»
 
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 Je vais bien, tout va bien...

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Micki
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MessageSujet: Je vais bien, tout va bien...   Mer 15 Aoû - 11:04

Mizuki commença par ouvrir un placard, comme prise de frénésie. S'il fallait agir, encore fallait-il le faire vite! Elle fourra dans son sac deux paquets de biscuits hyper protéinés, dont sa mère se servait d'ordinaire pour faire un régime. Une petite bouteille d'eau et des cachets d'aspirine suivirent le même trajet. Tentant de ravaler l'impression de ridicule qui s'emparait d'elle, Mizuki fourra également une lampe et un couteau suisse dans son sac. Un bruit de roulement incessant lui fit lever la tête. Sa mère, Eiko, avait descendu de sa chambre une imposante valise et y glissait tout ce qui pouvait avoir l'air comestible. Dans un sourire, elle expliqua à sa fille que le Refuge allait avoir besoin de vivre. L'air interdite, Mizuki l'écouta sans un mot. Non, elle n'irait pas au refuge. Les égouts lui semblaient être une bien meilleure solution. Si elle parvenait à rejoindre les catacombes, alors elle aurait sûrement une chance de s'en sortir... Mais encore faudrait-il que les morts restent sagement dans leur sommeil éternel... Elle éclata d'un rire nerveux et serra compulsivement l'amulette d'argent contre sa paume. Eiko souleva, très maladroitement, le seul point faible du plan de sa fille:
- Mais, tu y vas toute seule?
La petite brune sentit sa respiration se couper un instant, mais reprit contenance et sourit faiblement à sa mère:
- Allons, maman... Je ne suis plus une enfant, tu sais. Je n'ai pas peur d'être toute seule.
Au fond d'elle, une petite voix malsaine lui chuchotait des images de morts atroces, solitaires, isolées. Elle les chassa en secouant la tête. Tout irait bien. Elle fourra une série de piles dans son sac, une petite bougie et des allumettes. Sa mère, nerveuse, lui demanda si elle voulait bien ne serait-ce que l'accompagner jusqu'au Refuge. Mizuki obtempéra. Cela lui ferait certainement perdre un temps précieux, mais elle pourrait sans doute retrouver Tomas. Dès que sa mère fut prête, elle posa la main sur la poignée de la porte, chassant tant bien que mal de son esprit les bruits immondes de mastications qu'elle entendait de sa chambre la nuit. Avant de sortir, elle s'empara d'un cadre photo, protégeant un cliché d'elle et d'Ishin et le serra contre elle en ouvrant la porte. Après une brève prière à Odin, père de toute chose, elle posa le pied sur le perron. Un premier pas bien laborieux vers une journée d'un rouge inquiétant.
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Lord Érèbe
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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 15 Aoû - 12:52

[Juste un petite précision : plus de piles, tout fonctionne par superbatterie ou dynamo ( ta lampe fait partie de cette catégorie, tu sais avec la petite manivelle qui fait beaaaaucoup de bruit. ]

D'autres personnes étaient là, se préparant également à partir pour le Refuge. Une petite quinzaine de voisins, armés qui d'un manche à balais, qui d'une barre à mine, qui d'un marteau. Les autres groupes étaient déjà parti. La peur se sentait, le zénith faisait coulait une sueur qui puait la mort. Tous n'arriveraient probablement pas au Refuge. Et ils le savaient, bien que leur esprit humain les forçait à penser le contraire. La petite troupe se mit en marche, les femmes et les enfants au milieu, les hommes devant et couvrant les arrières. Le groupe progressait lentement, nombreux et chargés ils se sentaient vulnérables au beau milieu de ces rues un peu trop vides. Des squelettes aux os rongés, parfaitement dénués de toute chair, disposés ici et là vinrent bientôt contredire l'impression de solitude. Les morts étaient avec eux. Les squelettes rongés étaient tous dans des positions suggérant une mort atroce, douloureuse, un homme assailli par une dizaine de monstres et dévoré vivant. Les mères cachaient la vue à leurs enfants.
Des voitures garées dans tous les sens, souvent obstruant le chemin, ralentissaient d'autant plus l'avancée. Ils n'avaient pas marché depuis vingt minutes que le premier cri résonna.
- Max ! Attention !
Le dénommé Max se fit sauter dessus par un homme à la peau terreuse, couverte de longues tâches noirs peu ragoûtantes. L'assaillant était nu, il semblait s'être arraché les cheveux et ses mains pleines de sang séché s'achevaient par des ongles semblables à des griffes. Ce sont ces dernières qui égorgèrent le jeune homme. Son compagnon défonça le crâne du mutant d'un coup de barre à mine mais quatre autres Malades surgirent d'une ruelle alentour et se dirigeaient à toute allure vers le groupe tandis que les hommes de l'avant se précipitaient à l'assaut. Eiko n'avait pu retenir un cri et elle n'était pas la seule mère à craindre pour ses enfants...


Son verdict est toujours coupable, sa sentence est toujours la mort.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 15 Aoû - 16:21

Mizuki ne s'aperçut pas immédiatement la présence des quatre autres mutants. Son regard était rivé sur le crâne fendu du premier des monstres, à terre. Une substance visqueuse s'échappait de la brèche de son crâne, se répandant sur le sol en une coulée immonde qui lui donna la nausée. Le pauvre Max, ou du moins ce qu'il en restait, gisait sur le sol, dans une mare de sang de la même teinte rouge que les vêtements de Mizuki. Ce fut les hurlements de sa mère qui la firent réagir. Elle sortit de sa transe en hochant la tête faiblement. Un grognement distordu heurta son tympan et alors qu'elle se retournait vers la source du bruit, une poigne puissante l'attrapa à l'épaule et la jeta sur le sol. Elle n'eut que le temps de voir le pied de biche cueillir le mutant à la gorge, le jetant à terre. Le coup suivant, porté avec le crochet de l'arme de fortune, lui arracha une partie de la mâchoire, un autre s'enfonça dans sa cage thoracique, comme on plante un pieu dans le cœur d'un vampire. Le monstre s'immobilisa dans un gargouillis cauchemardesque, la mâchoire pendante. L'homme se tourna vers Mizuki, un jet de sang ayant maculé la moitié de son visage d'une tâche rougeâtre, et lui cria:
- Recule!!
Elle s'exécuta du mieux qu'elle put au milieu du chaos général, avant d'entendre un cri étouffé, qui la fit se retourner. Un mutant s'était jeté sur l'homme qui le bloquait au cou comme il le pouvait avec son pied de biche. Cependant, cela n'arrêtait en rien les griffes de son assaillant qui se plantaient sans relâche dans ses épaules, lui tirant des grognements de douleurs. A partir de ce moment, Mizuki ne contrôla plus vraiment ses mouvements. Elle se saisit de son couteau suisse qu'elle ouvrit précipitamment. La lame chuinta froidement et la jeune fille se rua vers le monstre en hurlant avec la ferme intention de lui planter son arme dans la nuque.

Dé d'attaque:
Micki a effectué 1 lancé(s) d'un D20 (Image non renseignée.) :
5

Dé de dégâts:
Micki a effectué 1 lancé(s) d'un D4 (Image non renseignée.) :
3

Bonus:
Arme: Dégâts +1
Force: +1
Dex: +0
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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 15 Aoû - 19:05

Le Malade, trop préoccupé par son adversaire, ne vit pas Mizuki venir et lui enfoncer la maigre lame du couteau dans la nuque. Il eut une convulsion et s'écroula. L'homme la remercia, plus encore des yeux que de la voix. Mais à peine s'était-il relevé qu'un pieu le transperçait. Au loin, un mutant venait de lancer son javelot de fortune et avait fait mouche. Le jeune homme vomit son sang en s'écroulant.
Le sol était déjà tâché de plusieurs litres de sang, les cinq hommes encore debout venaient d'achever leurs adversaires. Ils étaient tous blessés, et choqués par une situation à laquelle ils ne pouvaient encore s'habituer. Une femme se jeta sur le cadavre de son fils en hurlant, hystérique. A une vingtaine de mètres, cinq autre mutants firent leur apparition, couverts de sang frais, l'un deux se baladait même avec un paquet de tripes enroulées autour du bras.
- Attention ! Mark, Yo, restez avec moi, vous n'avez pas de famille. Les autres, courez ! Vite !
A peine avait-il lancé l'ordre que le géant barbu secouait sa longue masse de chantier et chargeait les nouveaux assaillants en lâchant un cri barbare, bientôt suivi par ses deux comparses d'infortune.
L'hystérique ne bougea pas, continuant de hurler à la mort, ponctuant la scène d'une aura de folie.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 15 Aoû - 20:44

A peine le géant se fut-il élancé que Mizuki attrapa le poignet de sa mère, s'empara du pied-de-biche, abandonné à terre, et courut le plus vite possible. La valise d'Eiko cahotait sur les pavés, rendant leurs déplacements hautement repérables, mais Mizuki était dans un tel état de nerf qu'elle ne songea pas à lui la faire lâcher. Elle ne voyait plus rien, juste la forme floue d'un homme massif qui courrait devant elle, un épais madrier de bois sur l'épaule, et qu'elle s'efforçait de suivre en trainant sa mère derrière elle. Au loin, ils entendaient encore les hurlements de la mère désespérée, que personne n'avait pris le temps de relever. Bientôt cependant, ses cris se transformèrent en voix stridente terrorisée, avant de s'éteindre subitement. Les jambes de Mizuki flageolèrent. Ses lèvres débitaient avec une volonté propre des murmures incompréhensibles pour ses compagnons:
- Odin mon père et père de toute chose, guide ta fille vers un avenir meilleur. Puisse-tu me donner la vision par delà la vision, me donner la connaissance de ce qui est caché. Puisse-tu, dans ton infinie sagesse, me donner la force de vivre jusqu'à toi, puisse-tu, mon père, rendre à nos âmes la pureté d'antan, à nos corps leur force passée, à nos esprits leur courage infaillible pour que nos destins jamais ne s'éloigne de la magnificence de ta demeure...
Un des hommes qui couraient à ses côtés lui attrapa presque violemment le poignet, la tirant de force hors de ses délires. Derrière eux, de curieuses plaintes montaient dans l'atmosphère cauchemardesque de la ville de Rosenfeld. Les hommes du groupe ne comprirent que trop tard l'origine des bruits, et trois Malades jaillirent d'une ruelle en poussant des hurlements surexcités juste derrière le groupe, qui se dispersa immédiatement. L'homme au madrier en faucha un d'un coup, un second sectionna en deux la face d'un autre à l'aide d'un couteau de cuisine à lame en céramique. Le troisième Malade, en voulant se jeter sur Eiko, trébucha sur la valise et tomba à terre. Dans d'autres circonstances, Mizuki aurait certainement ri de cette maladresse, mais elle ne semblait plus habiter son corps. Ce qu'elle savait, c'est qu'elle avait envie de le tuer. Elle s'approcha vivement de l'infecté, leva bien haut son pied-de-biche et l'abattit de toutes ses forces sur le cou du monstre.

Dé d'attaque:
Micki a effectué 1 lancé(s) d'un D20 (Image non renseignée.) :
19

Dé de dégâts:
Micki a effectué 1 lancé(s) d'un D6 (Image non renseignée.) :
1

Bonus:
Bonus d'arme: Dégâts+13
Force: +1
Dex: +0
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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 15 Aoû - 21:14


Mizuki sentit céder la colonne vertébrale dans une vibration qui sembla lui traverser le corps. C'était agréable et troublant à la fois. Le mutant gémit en s'étouffant, la nuque brisée, proférant d'affreux sifflements. Eiko serra sa fille dans ses bras, effrayée. La tension du groupe était extrême, la peur sembla submerger la petite assemblée. L'homme qui l'avait tirée de son délire se nommait Ezis. Grand et svelte, des cheveux couleur blé et deux yeux bleus très fins, presque acérés. C'était lui qui possédait le couteau en céramique. Si sa tenue noire élégante était tâchée de sang, son regard semblait l'être de folie et de bienveillance confondues.
- Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Nous sommes trop nombreux, une proie trop facilement repérable. Il faut que...
Deux mutants surgirent de sous une voiture, en embuscade. Deux autres firent de même de l'autre côté de la rue et deux derniers bloquèrent chacun l'accès à l'une des deux ruelles latérales. Un coup de feu retentit, venant d'une fenêtre : y était posté à la manière d'un tireur d'élite, tenant un fusil d'assaut de l'armée de Rosenfeld, un homme au visage d'une pâleur telle que sa peau semblait presque transparente, laissant voir les veines bien plus que d'ordinaire. Il était chauve, et son torse était nu. Une femme venait de s'effondrer, la tête explosée par une balle. Tout le monde fut éclaboussé par des éclats de cervelle. Les enfants hurlaient, les mères étaient tétanisées, Eiko semblait en état traumatique.
Piégés. Ezis serra les dents.
- Je ne mourrai pas ici !
Et il chargea le mutant bloquant la ruelle gauche, se mettant à couvert du sniper.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Jeu 16 Aoû - 21:59

Eiko serrait Mizuki contre elle si fort qu'elle l'empêchait presque de respirer. Mais de sa position plus qu'inconfortable, Mizuki avait une vue parfaite sur le sniper, qui tourna son arme vers un autre membre du groupe avec un rictus avide. Ce serait bientôt son tour, et celui de sa mère. Petit à petit, elle prit conscience que le plus grand danger qui pesait sur elle à cet instant précis était sa mère elle-même et tout aussi lentement, comme on met en place les pièces d'un puzzle, elle vit la porte en face d'elle, juste sous la fenêtre du sniper, et sentit le poids du pied-de-biche couvert de sang dans sa paume. Ce sentiment quand la colonne vertébrale du Malade avait cédé sous le choc, ce frisson mêlant délice et dégoût, elle le connaissait maintenant. Et ce moment de calme intense qui le précédait, elle le reconnaissait également. Elle resserra sa prise sur son arme, et un nouveau coup de feu retentit, faisant sursauter Eiko. C'est le moment que choisit Mizuki pour porter à sa mère un coup ferme sur le côté, qui la plia en deux, la forçant à desserrer son étreinte. L'attrapant par le poignet, Mizuki se rua avec l'énergie du désespoir sur la porte et se plaqua contre elle, hors d'atteinte. D'une poussée du pied de biche, elle l'ouvrit en grand, laissant sa mère tomber dans l'embrasure, les mains crispées au côté. Dehors, l'homme au madrier, épargné par le sniper par on ne sait quel miracle, s'engouffra dans la maison à son tour, poussant devant lui deux femmes rescapées, dont une qui tenait dans ses bras un petit garçon en pleurs. Il aida Eiko à se relever, la poussa sur une chaise et se campa devant la porte, jouant du madrier dans cet espace restreint qui l'aidait à contenir ses assaillants. Mizuki se laissa tomber un instant sur le sol, le temps de reprendre son souffle, au moment même où Ezis se jetait vers la porte, glissant entre leur gardien et le plancher éclaté, et se relevant prestement juste sous son nez avec un sourire indescriptible au visage.


"Donner au corps le privilège de l'esprit, c'est accepter d'être l'animal que l'homme a toujours rêvé d'être."

Shilderick Answald

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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Jeu 16 Aoû - 22:20


- Je m'occupe de celui d'en haut, dit-il avec assurance juste avant de se précipiter dans l'escalier.
L'homme au madrier, Kalil, écrasa le crâne d'un énième mutant en même temps qu'un autre lui griffait fortement l'épaule. Il lâcha un cri de douleur et éclata la gorge de son adversaire. Il avait beau être une force de la nature, il commençait à fatiguer. Et les Malades semblaient affluer indéfiniment. Alors qu'un des monstres lui perforait l'abdomen dans une gerbe de sang, Ezis apparu, sautant du haut de l'escalier jusque derrière Kalil qu'il tira en arrière. Un bruit de mitrailleuse retentit longuement. Ezis se tenait debout dans l’encadrure de la porte, le fusil d'assaut en main, mode mitrailleur. Le Ta-ta-ta cessa au bout de deux minutes chargées de sang et de vacarme. Tous les mutants étaient étalés.
- Ouf... Juste à temps, plus de munitions...
Ezis jeta négligemment l'arme tout en posant la main sur son couteau, comme pour se rassurer. Kalil le remercia, tout le monde était tendu à l'extrême. Une des femmes arracha un morceau de tissu pour tenter de panser la plaie du colosse, tandis qu'Ezis semblait réfléchir intensément, visiblement en vain d'après sa mine grave et le coup qu'il donna au mur en face de lui.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Jeu 16 Aoû - 23:03

Si le malaise d'Ezis et l'état catastrophique de Kalil n'avait échappé à personne, les tremblements psychotiques de Mizuki, eux, étaient passés inaperçus. La jeune fille monta les escaliers en titubant après s'être assuré de la santé de sa mère et se dirigea droit vers le cadavre du sniper. Elle préféra ne pas s'attarder sur les plaies béantes qui barraient la totalité de son corps, mais ne put s'empêcher de se demander si Ezis avait ressenti la même pulsion qu'elle lorsqu'il avait tué cette chose... Peut-être que ce n'était qu'elle, qu'elle était en train de devenir folle... Elle fouilla rapidement le corps, dégota deux petits paquets assez lourds pour leur taille, qu'elle identifia comme étant des munitions. Elle les empocha. Le sniper la fixait de ses yeux morts et, prise de pitié, elle lui ferma délicatement les paupières. Après tout, ces choses jouaient elles aussi leur survie, mais selon des règles différentes, mais où l'échec avait la même signification: la mort. Cette même mort qui planait sur la pièce. La tension redescendit d'un coup et Mizuki, sans même sans rendre compte, fondit en larmes sur le parquet. Elle avait les mains endolories par les angles de son arme de fortune, et tout ce sang, cette violence, avait fini par l'amener au bout de ses forces. Elle se recroquevilla dans son coin, les mains crispées sur sa tête appuyée sur ses genoux, littéralement épuisée. Le mieux qu'elle puisse faire était encore laisser la fatigue s'écouler de son corps. Et puis soudain, comme dans un cauchemar, elle s'aperçut que personne ne remarquait sa présence. Elle appela sa mère, mais cette dernière, roulée en boule sur le sol à l'étage du dessous, ne lui prêta pas attention, pas plus que les autres, chacun étant bien trop préoccupé par sa propre condition pour s'occuper de l'affliction de Mizuki. Des cris de détresse se mêlèrent à ses larmes, intarissables, alors qu'elle se laissait sombrer dans un désespoir sans fond.


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Shilderick Answald

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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Jeu 16 Aoû - 23:41


Elle entendit vaguement des voix en-dessous, et l'escalier craquer sous des pas. C'était Ezis, s'approchant d'elle de sa démarche souple. Il s'agenouilla et la pris dans ses bras, la serrant assez fort pour qu'elle sente jusque dans son corps que non, elle n'était pas seule, non elle ne passait pas inaperçue, pas pour tous.
- Kalil est aussi fort mentalement que dans son corps, je lui ai dit de s'occuper des autres et de les faire manger, il est en train de prendre soin de ta mère. Elle est sous le choc aussi, ne lui en veut pas.
Il jeta un regard au cadavre, remarquant ses paupières closes.
- ... Tu es quelqu'un de bien, tu as un cœur. Ce que tu ressens et a ressenti est parfaitement normal et je peux t'assurer que tu n'es pas folle. Peut-être juste... Délicieusement plus complexe que le commun des mortels.
Il assena sa phrase en la regardant droit dans les yeux, la tenant toujours dans ses bras. Son regard bleu acéré semblait lire en elle et en quiconque, à l'instar d'un scalpel avec lequel on prendrait plaisir à se faire disséquer.
La voix de Kalil retentit :
- Ils arrivent !
Ezis regarda intensément Mizuki durant un quart de seconde, ancrant son regard dans le sien avec détermination, comme s'il voulait imprimer ses paroles en elle.
Et il bondit, dévalant l'escalier en sortant son couteau. Le bruit du combat ne tarda pas à résonner.



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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Ven 17 Aoû - 8:39

Le temps s'était arrêté au moment où Ezis avait refermé ses bras sur elle, et avait repris brusquement quand son regard tranchant s'était vrillé au sien. Plus rien n'avait existé d'autre que le bleu infini de ses yeux, jusqu'à ce qu'il se lève et redescendre les marches quatre à quatre. Quand le premier cri avait résonné, Mizuki se leva enfin, un germe d'idée dans la tête, ou plutôt entre les mains. Elle lorgna les deux petites boîtes de munitions qui pesaient dans ses paumes et courut à l'étage du dessous. A eux deux, Ezis et Kalil semblaient imbattables, comme protégés par une sorte de force divine. Mizuki prit un instant pour remercier Odin de sa grande bienveillance et scruta la pièce à la recherche du fusil d'assaut abandonné au sol par Ezis, un peu plus tôt. Elle l'avisa à quelques mètres d'elle, juste sous les jambes de Kalil. Elle coinça les munitions dans son corset, pour avoir les mains libres, serra sa prise sur le pied de biche dans sa main gauche. Son bras était couvert d'un sang qui n'était pas le sien, faisant luire étrangement son tatouage. Le serpent Jörmungandr semblait se ravir de la situation, se délectant de ce sang étranger qui suintait sur ses écailles. Mizuki s'approcha doucement de Kalil, le prévenant de la voix. Elle croisa l'espace d'une seconde le regard magnétique d'Ezis, qui lui donna la force nécessaire. Accroupie, elle glissa son bras armé sur le sol, avec l'intention de ramener l'arme à elle. Le pied de Kalil coinça le pied de biche pour le faire habilement sauter jusque dans sa main. Un grognement féroce accompagna le coup qu'il porta au Malade en face de lui, alors que sa jambe s'avançait pour faire glisser le fusil vers Mizuki. Cette dernière le ramassa, ébahie par la maîtrise de soi dont le géant faisait preuve et recula de quelques pas. Restait encore à trouver comment recharger l'arme... Elle sursauta alors que le petit garçon se glissait à ses côtés. Des larmes avaient ravagé ses joues, mais son visage exprimait une puissante détermination. Il lui pointa du doigt différentes parties du fusil, et Mizuki suivit ses indications approximatives pour recharger l'arme. La fébrilité du moment ne rendait pas la chose facile, et Mizuki éprouva l'intense besoin de parler. D'une voix brisée d'avoir trop crié, elle demanda:
- Comment tu sais tout ça?
Le petit garçon lui lança un regard qui d'ordinaire aurait été teint de malice, mais qui ne montrait plus qu'un instinct de survie sans faille:
- J'ai vu ça dans les films.
Mizuki lui fit un pauvre sourire. Ishin regardait ce genre de film aussi, mais elle ne s'y intéressait pas vraiment. Généralement, elle s'endormait contre son frère dès le début du film. Chassant ses souvenirs nostalgiques -elle doutait de pouvoir un jour regarder à nouveau un film en compagnie de qui que ce soit- elle attendit l’accalmie. Dès qu'elle s'aperçut d'un moment de flottement, elle posa la main sur l'épaule d'Ezis et glissa l'arme sur la table à côté de lui. Il était plus sage de laisser les deux hommes s'occuper du reste.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Ven 17 Aoû - 19:50


Ezis et Kalil se battaient à l'arme blanche, n'employant le fusil qu'en ultime recours. Kalil faisait office de bouclier, Ezis d'épée. Mais le premier était couvert de blessures et semblait ne plus pouvoir tenir debout longtemps. Quant au second, presque parfaitement intact, il était essoufflé de se déplacer si rapidement et son visage était couvert de sueur. Enragé, Ezis s'empara du fusil et tira rageusement sur les mutants qui ne cessaient d'affluer. Pourquoi tant d'acharnement ? Ils n'étaient pas si nombreux, qu'avaient-ils de si intéressant ? Kalil, ruisselant de sangs mêlés au sien, en vint à l'évidence dans un souffle :
- Si nous ne faisons rien, ils vont nous avoir. Je compte jusqu'à trois. Ensuite, courez.
Tout le monde s'était levé, comprenant soudainement. Avant qu'ils n'aient pu faire quoi que ce soit, Kalil se jeta dans la mêlée, ravageant les crânes à coups de madrier. Ezis aurait voulu l'en empêcher, mais son esprit dominé par la logique le laissa faire. Il poussa tout le monde dehors et commença à courir, le fusil d'assaut en main. Essayant de retenir ses larmes pour ce compagnon d'infortune qui se sacrifiait. Ses yeux s'embuèrent malgré lui...
Il ralentissait régulièrement afin de veiller sur le groupe. Il n'osait pas regarder en arrière. Tout allait beaucoup trop vite. Il pressentit une menace. Il fallait trouver une solution. La solution. Il stoppa net, souleva une bouche d'égout et ordonna :
- Descendez.
Il suivit la descente de chacun avant de passer à son tour, vérifiant que personne ne les avait vu puis refermant la trappe.
Le noir était complet, n'étaient perceptibles que les halètements de chacun, essoufflés. Ezis parla calmement. Gravement, la voix empreinte d'une certaine froideur qui trahissait un intense effort pour dominer ses émotions.
- Quelqu'un aurait-il une lampe ?


[Les personnages n'ont pas eut le temps de traîner les valises, ils ont juste leurs sacs. ]


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Ven 17 Aoû - 21:55

La voix d'Ezis avait claqué dans le souterrain, faisant sursauter Mizuki, encore sous le choc du sacrifice de Kalil. La tête de son compagnon, descendu juste après elle, semblait être juste au-dessus de son épaule. Elle ne le voyait pas, mais elle sentait sa présence juste derrière elle. Cette sensation la fit frissonner. En reculant d'un pas, elle pourrait se coller à son torse, et ressentir à nouveau la chaleur qui émanait de son corps. Son pied glissa en arrière, heurta celui du jeune homme. Une douce vibration remonta le long de sa jambe. Ezis dut penser qu'elle allait tomber, car sa main vint s'appuyer contre son dos, doublant la sensation de bien-être qui envahissait son corps. Pour un peu, elle aurait presque laissé échapper un soupir satisfait. Elle coupa sa respiration un instant. D'une toute petite voix, elle dit:
- Moi, j'en ai une dans mon sac.
Elle farfouilla un peu, stressé par la respiration d'Ezis dans son dos. Elle avait eu tort. Après tout, elle avait déjà Tomas. Elle n'avait pas à s'intéresser à un autre garçon. C'était mal. Elle finit par trouver la lampe et l'activa en tournant la manivelle. Le petit bruit répétitif de la dynamo résonna contre les parois. Le premier visage que la faible lampe éclaira fut celui d'Eiko, ravagé par la fatigue et les larmes. Pourtant, un faible sourire illumina son visage quand elle croisa le regard de sa fille. Mizuki le lui rendit et se tourna vers Ezis, presque honteuse de ses actes. Elle préféra baisser les yeux plutôt que de croiser le regard trop bleu de son camarade, terrifiée à l'idée qu'il puisse lui en vouloir. Elle lui tendit la lampe, priant Odin pour que leurs mains ne se touchent pas trop longtemps.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Sam 18 Aoû - 21:05


Ezis lui pris la lampe tout en apposant quelques instants deux doigts sur le poignet de la jeune fille, tel que le ferait un médecin prenant le pouls d'un patient. Impassible, il éclaira les alentours.
Les rescapés commencèrent un léger retour au réel et ressentirent l'odeur de putréfaction et d'excréments mêlés qui hantaient les lieux. Le "trottoir" du tunnel qui permettait de ne pas poser les pieds dans l'eau croupie était assez large pour que deux personnes marchent côte à côte, et juste en dessous de la bouche d'égout se trouvait une plateforme assez ample pour contenir tout le petit monde au même endroit. Ezis ordonna aux femmes et à l'enfant de se tenir au centre, à Mizuki et son pied-de-biche de fermer la marche tandis qu'il la menait, fusil d'assaut en main, extrêmement concentré. Le petit garçon tenait la lampe.
- Il y a peu de chances que des mutants se trouvent dans les égouts. Ils doivent être bien trop occupés en haut.
L' hurlement d'agonie qui résonna longuement dans le couloir vint contredire l'assurance d'Ezis.
- Gardez votre calme. Ils sont forcément moins nombreux ici qu'en haut et j'ai de quoi nous défendre...Mizuki, soit hyper attentive au moindre bruit qui pourrait venir dans ton dos.
Eiko semblait très nerveuse et jetait fréquemment des regard en arrière vers sa fille, presque recouverte d'ombre. La mère du gosse, une fille assez forte, glissa sur le sol humide et tomba dans l'eau répugnante en criant. Le gamin laissa tomber la lampe au sol et se pencha sur l'eau.
- MAMAN ! MAMAN !
La mère ne remontait pas. Seules des bulles d'oxygène de plus en plus rares faisaient surface. L'eau était parfaitement impénétrable, brune et verdâtre.



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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Sam 18 Aoû - 22:14

Quelqu'un d'un peu plus courageux aurait certainement mouillé sa chemise pour rattraper la pauvre femme, quelqu'un d'un peu plus fou aurait sans doute même sauté à l'eau. Mizuki, elle, ne fit que regarder les bulles remonter une à une à la surface, à intervalle de plus en plus espacés. Le petit garçon continuait d'appeler, hurlant autant qu'il le pouvait, retenu par Ezis. Du moins c'est ce que pensait Mizuki, parce qu'elle ne prenait pas la peine de regarder. Seules les bulles l'intéressaient. La lampe, tombée au sol, ne l'éclairait plus du tout. Elle sentait une peur ancienne s'emparer de ses entrailles, un vieux sentiment oublié. L'obscurité qui régnait autour d'elle, seulement brisée par le petit, le minuscule anneau de lumière devant elle, semblait vouloir l'isoler de toute forme de vie. Seules les bulles qui perçaient la surface l'empêchait de céder à sa peur. Elle n'entendait plus rien, ne sentait plus rien. Plus rien n'avait de sens, de toute manière. Involontairement, mais inexorablement, ses doigts se desserrèrent, et le pied de biche tomba à terre, produisant un vacarme d'enfer qui se répercuta dans les souterrains, sonnant contre les parois comme les cloches du Jugement Dernier. D'une voix blanche, elle coupa court aux pleurs de l'enfant:
- Elle ne reviendra plus, tu peux cesser de l'appeler.
Les membres du petit groupe se tournèrent vers elle, surpris. Elle serra le poing, consciente que sa peur du noir était parfaitement ridicule aux yeux de ses camarades. Les bulles apparaissaient à un rythme de plus en plus lent. Bientôt elle ne pourrait plus s'en contenter. Il fallait que les bulles réapparaissent, sinon elle n'arriverait plus à se soustraire à l'emprise de l'ombre. Peut-être qu'en poussant quelqu'un d'autre dans l'eau, d'autres bulles se formeraient? La lampe dynamo coupa court à ses réflexions malsaines. Plus personne ne la chargeait, et sa lumière faiblit, de plus en plus. Ce simple fait fit réagir Mizuki. Un puissant tremblement parcourut son corps et elle se rua vers sa seule source de salut, actionnant la manivelle comme une démente, à genoux sur le sol, le petit objet serré contre sa poitrine. Ses cheveux sombres tombaient sur son visage à la peau pâle que la lumière de la lampe rendait blafarde. On aurait dit une apparition, tout droit sortie d'un mauvais film d'horreur.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Dim 19 Aoû - 6:51

Le sang-froid exceptionnel d'Ezis était mis à très rude épreuve. Il n'avait pas vraiment le contrôle sur la situation, tout lui échappait. Comment protéger ces êtres qui n'avaient que lui pour défense ? Que lui pour penser la tête froide ? Il n'avait pas pu se jeter à l'eau, il y avait quelque chose d'anormal : La mère aurait dû apparaître, se débattre, même si elle ne savait pas nager. Non, quelque chose l'avait retenue sous l'eau. Peut-être même cette eau verdâtre était-elle de l'acide. Il pouvait tout imaginer, le monde n'avait plus vraiment de sens. Reprendre la situation en main. D'un geste sec et parfaitement maîtrisé, il assomma le petit garçon. Eiko criait, l'autre femme se jeta sur Ezis, croyant qu'il était devenu dément. Juste avant de l'atteindre, elle glissa elle aussi, chutant dans l'eau mystérieuse en se fracassa bruyamment la tête contre le sol, et de la même manière, disparu instantanément, ne laissant que des bulles qui s'éteignirent aussi vite que les précédentes. Eiko tomba à terre. Trop. Beaucoup trop en si peu de temps. Trauma. Ezis plaqua Mizuki contre le mur, lui arracha la lampe des mains, regarda le sol à l'endroit où les deux femmes avaient glissées : Un estomac humain pendait à moitié dans l'eau en gisant sur le "trottoir". Il n'y avait que relativement peu de sang autour et il avait visiblement été écrasé, faisant chuter les deux femmes. Ezis arma le fusil et mitrailla quelques balles à l'endroit où les femmes avaient disparues. L'eau répondit d'un "sflotch" à chaque balle et s'orna bientôt d'un rouge affreusement sinistre. Il eut un instant de flottement. Il lui semblait que Mizuki continuait de tourner la manivelle d'une lampe qu'elle n'avait plus en main, qu'Eiko allait tomber à son tour dans l'eau, que l'enfant avait été tué par son coup, que les femmes s'apprêtaient à sortir de l'eau et qu'il venait de les tuer. Tout était de sa faute. Quelle idée, les égouts ! Cela lui avait semblé être un bon refuge pourtant. Il paniqua légèrement. Quatre mains surgirent soudainement de l'eau, s'accrochant au bord de l'espace où mettre ses pieds. Alors qu'Ezis s'apprêtait à les secourir, les deux femmes jaillirent de l'eau croupie. L'une avait la tête explosée par le fusil, l'autre un œil crevé et la gorge remplacée par un trou béant. Elles étaient couvertes de sang, de merde et de détritus, ruisselaient d'eau sale. La mère se baissa sur son fils inconscient, le pris dans ses bras, et... Le balança dans l'eau. Ezis était sous le choc. Réfléchir. Cohérence. Logique. Plus rien de tout cela n'avait de sens. Eiko était foutue. Il se plaça devant Mizuki, arma le fusil et tira toutes les munitions sur les deux revenantes, qui ne bronchèrent nullement, leurs corps se désagrégeaient sous les balles mais continuaient leur marche macabre vers Eiko.


[-1 point de santé mentale pour la situation intenable. Si Mizuki tente de courir vers Eiko, Ezis la poussera violemment contre le mur, l'en empêchant en l'y plaquant d'un bras ferme, tout en continuant de tirer sur les revenantes. ]


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Dim 19 Aoû - 10:59

Le dos d'Ezis empêchait Mizuki de voir sa mère. Mais peu lui importait au fond. Par contre, elle aurait bien voulu récupérer son pied de biche. Le poids presque familier de la barre de métal dans sa main lui manquait. Elle avança vers Ezis, les côtes endolories par la force dont avait fait preuve le jeune homme quand il lui avait arraché sa lampe des mains. Sa lampe. Il n'avait pas le droit de la lui prendre. Elle réfléchit un instant, bercée par le son sourd du fusil d'Ezis. Elle pouvait lui laisser la lampe, après tout. Elle était juste derrière lui à présent. Oui, elle pouvait lui laisser la lampe. Mais elle voulait son pied de biche. Consciente que le jeune homme ne la laisserait pas passer, elle s'allongea sur le sol et rampa entre ses jambes. Si elle restait au sol, il ne la verrait pas. De toute manière, elle était invisible. Personne ne faisait attention à elle, ça avait toujours été comme ça. Elle se glissa par terre et tendit la main au maximum, effleurant le manche de son arme fétiche. Ce simple contact la fit frissonner. Il lui fallait l'attraper. Elle s'avança encore un peu. Ses doigts se refermèrent sur la barre d'acier, tirant un sourire à Mizuki. Enfin. En tournant la tête sur le côté, elle vit l'estomac humain, pendouillant allègrement au bord de la margelle. Elle s'assit en tailleur et le prit sur ses genoux. Elle n'en avait jamais vu auparavant. La consistance était assez amusante. Dommage que celui-ci ait été autant abimé. Peut-être qu'il aurait pu servir à faire une greffe. Elle s'imagina un instant greffer cet organe sur l'une des revenantes. La vision lui tira un frisson de dégoût. Non, ce n'était pas une très bonne idée au final. Ouvrir un ventre au pied de biche ne lui semblait pas être très respectueux. Non non non. Elle leva la tête vers Ezis. Le pauvre semblait débordé, elle ne voyait vraiment pas pourquoi d'ailleurs. Mais cette jolie lueur qui flottait dans ses yeux lui plaisait bien, et la sueur qui roulait le long de ses tempes lui donnait un certain charme. Mizuki se demanda si on pouvait faire exprès de suer à certains endroits en particulier. Si c'était le cas, Ezis devrait certainement toujours choisir les tempes à l'avenir, cela lui allait bien. Un cri derrière elle la fit se retourner. Pourquoi tout le monde criait-il ses derniers temps? Était-ce devenu une sorte de nouvelle mode? Si c'était le cas, c'était aussi ridicule que les cheveux poudrés. D'ailleurs, d'ici et sous la faible luminosité, les revenantes semblaient avoir les cheveux presque blancs. Mizuki était bien contente qu'Ezis ait décidé de les jeter à l'eau. Elles l'avaient bien mérité.
Une balle traversa un des cadavres ambulants et atteignit Eiko à l'épaule. Mizuki se fit la réflexion qu'Ezis pouvait être très maladroit. Elle se leva en s'accrochant aux vêtements du jeune homme et se tint à lui un instant, espérant sincèrement qu'il n'allait pas la jeter à l'eau elle aussi. Elle n'aimait pas trop l'eau sale. Ça non. Ezis lui lança un regard perdu. Elle lui sourit, déposa un baiser sur sa joue. Il était plutôt mignon au final. Mizuki se souvint que Kalil, pour tuer à coup sûr les Malades, visait leur colonne vertébrale. Le pied de biche sembla approuver l'idée, et elle questionna Ezis du regard, cherchant la pointe d'approbation qui allait surement apparaitre dans ses yeux. Après tout, il avait à peu près l'âge d'Ishin, c'était à lui de décider.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Dim 19 Aoû - 23:49


Et Ezis n'approuva pas. Son regard retrouva une certaine intransigeance et il mit son bras qui tenait la lampe sur la taille de Mizuki, la tenant à son côté et se plaçant de telle sorte qu'elle soit protégée par son corps. Ezis la serrait très fort contre lui. Le fusil mitraillait les revenantes qui s'approchaient inexorablement de Eiko... Le fusil s'enraya dans un "clic" angoissant. Immédiatement, les deux revenantes, qui n'étaient plus que deux squelettes aux os brisés recouverts de chair éclatée et sanguinolente, se jetèrent sur Eiko. Toujours en état de trauma, elle ne sembla pas ressentir les os qui la perforaient, la mâchoire qui arrachait sa jugulaire. Ezis tourna le plus vite qu'il le put Mizuki dans l'autre direction afin qu'elle n'assiste pas au massacre. Si elle résiste, il l'assomme et la porte, laissant tomber le fusil et gardant la lampe dans sa main tout en marchant le plus vite et le plus loin possible.

[Si Mizuki résiste, Ezis tente de l'assommer et s'il réussit ( je ferai un jet de dé) je posterai donc le moment où tu te réveillera. ]


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Lun 20 Aoû - 11:53

Le bras d'Ezis lui interdisait tout mouvement, elle était collée contre lui, et ne voyait rien d'autre que son profil, que les contrastes de lumière rendaient dur. Une pointe de déception frôla son estomac. Elle aurait juré qu'Ezis la comprendrait. Qu'il lui ferait confiance. C'était assez injuste, après tout, elle lui avait prêté sa lampe, et il ne faisait rien pour la remercier... A moins bien sûr que la serrer contre lui soit un remerciement. Si c'était le cas, autant en profiter. Mizuki posa sa tête contre l'épaule du jeune homme, respirant à pleins poumons l'odeur de sa peau. Elle hésitait encore un peu à goûter cette peau si belle, si parfaite. Elle aurait préféré que le contraire se produise, qu'Ezis... Le premier craquement des os d'Eiko la ramena brusquement sur terre. Tout se reforma dans son esprit, comme on assemble des morceaux de mémoire pour créer un tableau d'un effroi abject.
Obscurité, solitude, égout, margelle, Ezis, cadavres, organes, enfant, Ezis, obscurité, lampe, pied de biche, Ezis, Eiko, Ezis, cadavres, revenants, Mizuki, solitude, Ezis, solitude, Ezis, fusil, Ezis.
Elle porta une main à son crâne. La douleur était insupportable, intense et cruelle. Elle chercha désespérément un moyen de se soutirer à la peur qui s'emparait de son corps, trouvant un faible, mais visible réconfort dans la chaleur du corps d'Ezis collé à elle. La réalité s'écrasa en vague mortelle dans son estomac:
- Maman... Maman.... Maman! MAMAAAAN!
Elle tendit le bras vers Eiko, trop loin et certainement déjà morte, incapable de se soutirer à l'étreinte implacable d'Ezis.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Lun 20 Aoû - 21:26


Ezis qui avait laissé tomber le fusil pour soulever Mizuki et la porter, serrée contre lui, marchant le plus vite qu'il pouvait. Il était souple et agile mais sa constitution était mince, et bien que la jeune femme ne pesa pas grand chose, il fatigua vite. Il avait profité de la faiblesse de Mizuki pour l'emmener, il avait serré la tête brune contre son torse pour l'empêcher de voir sa mère dévorée, l'avait étreinte comme s'il voulait faire de son corps un rempart pour la jeune femme fragile et si sensible. Les bruits hideux avaient résonné longuement, craquements, mastications, chair mise à nue et sang dégoulinant en de longs sentiers liquides. Ezis ne pouvait les éteindre, ni les empêcher de ricocher contre les murs du tunnel, mais il faisait son possible, murmurant à Mizuki une longue litanie incessante, lui offrant un ilot de raison sur une mer noire et déchaînée. Il lui disait tout ce qui lui passait à l'esprit, parlant d'avenir, de passé, n'évoquant que des jours de beauté. Il avançait tête baissée, recroquevillé, presque encastré avec le corps de Mizuki, son visage fin dans les longs cheveux noirs, ses lèvres délicates juste au-dessus de l'oreille, et il parlait, chuchotait, encore et encore. Il ne savait pas si Mizuki retiendrait ces phrases, mais certaines revenaient, comme des vagues. Des vagues se voulant douces, apaisantes.
"Tu ne sera pas seule."
Ezis pleurait. Il ne s'en rendait pas compte mais ses paroles étaient ponctuées de larmes. La sueur qui coulait de ses tempes s'y joignait et l'eau ruisselait sur son visage. Il aurait voulu tous les sauver. Kalil, l'enfant, les mères. La douleur et la tristesse l'étreignaient. Lui aussi aurait eu besoin de doux murmures. Il luttait en respirant Mizuki. Le parfum de ses cheveux, l'odeur de son corps, son souffle frais et envoûtant. Les autres odeurs, pourtant bien plus fortes, disparurent à son esprit. Il ne regardait même plus où il marchait. Il murmurait à Mizuki, n'ayant pour seul flambeau que ce léger parfum de vie sensible, de tristesse inavouée et d'une odeur d'orange, oui, comme la peau d'une orange. Épuisé, Ezis s'effondra, dos au mur, se laissant glisser en tenant toujours Mizuki dans ses bras. Il l'enlaça comme jamais il n'avait enlacé une fille, et se perdit dans l'océan sans fond qu'était Mizuki, le contact de leurs peaux, leurs regards entrecroisés dans la pénombre, les odeurs de leurs corps emmêlées par la course. Ils se touchaient à peine mais leurs esprits, ou leurs âmes, en percevaient toute l'intensité.

Mizuki, elle, tenait toujours son pied-de-biche, et le métal froid au contact de ses bras lancinait directement l'esprit du jeune homme. Il n'y avait plus de paix, ni de raison. Il expliquerait plus tard à Mizuki qu'elle n'aurait pas pu tuer les créatures, même en les brisant, les os semblaient chacun mus d'une volonté propre. Il lui expliquerait. Pour l'instant, son esprit était occupé par un champs, un long champs, pleins d'orangers. Et entre les arbres, la fille la plus captivante qu'il lui avait été donné de rencontrer.

Les souffles saccadés par la course, la peur et la douleur s'étaient accordés.



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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Lun 20 Aoû - 22:55

Ezis. C'était la seule chose qui lui importait pour le moment. Chacun des murmures du jeune homme s'était gravé dans sa mémoire, chaque mot, chaque intonation, elle se souvenait de tout. Les larmes qui avaient coulées en même temps sur leurs joues, leurs corps si proches, et le regard fatigué mais curieusement déterminé d'Ezis étaient ses seuls points d'ancrage dans la réalité, ses seuls moyens d'oublier sa mère, Kalil, et tous les autres. Ceux qui étaient morts pour eux. L'étreinte d'Ezis se desserra très légèrement, presque imperceptiblement. Elle ne serait plus seule. Elle lâcha son pied de biche, se colla plus encore contre le corps du jeune homme, la tête dans le creux de son cou, soupirant de soulagement lorsqu'Ezis la réinstalla contre son torse, ses bras l'emprisonnant à nouveau contre lui. Quelques larmes coulaient encore sur les joues du blond, malgré le sourire fatigué qui tendait à peine ses lèvres. Elle glissa ses lèvres jusqu'à son oreille, passant doucement sa main contre la joue de son protecteur:
- Je serais là pour toi, moi aussi. Tu verras, on va trouver un moyen de se sortir de là. Je te le promets.
C'était une promesse bien difficile à tenir, mais Mizuki voulait y croire. Leur Terre n'en était pas à sa première "fin du monde" et l'espèce humaine subsistait toujours. Alors tout irait bien. Elle continua à lui murmurer des paroles qu'elle voulait réconfortantes, même si elle ne savait pas si Ezis l'écoutait vraiment. Dans tous les cas, il entendait au moins sa voix, et c'était le principal. Elle avait déjà tant perdu, elle protègerait Ezis au péril de sa vie. Seuls, ils n'avaient aucune chance. Ensemble, ils pouvaient peut-être faire quelque chose. Et c'était ce "peut-être" et ce "quelque chose" qui changeaient tout. Mizuki leva les lèvres vers Ezis, croisant un instant son regard, et par un pur manque de confiance en elle, se mit à prier tous les dieux connus pour qu'Ezis ne la repousse pas.


"Donner au corps le privilège de l'esprit, c'est accepter d'être l'animal que l'homme a toujours rêvé d'être."

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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mar 21 Aoû - 23:07


Le regard du jeune homme s'était fait moins terne aux mots de Mizuki, il avait ressenti une onde chaleureuse se propager dans son corps. Leurs regards se croisèrent, la jeune femme approcha imperceptiblement son visage du sien...Ezis fut entraîné par le magnétisme de cette beauté triste, et pencha son visage, joignant ses lèvres aux siennes. Si tendrement. Un contact comme une étincelle, terriblement court mais profond.
Car un bruit les interrompit, et fit se relever Ezis soudainement. Il dégaina son couteau en entendant les bruits de pas. La petite lampe révéla d'abord l'inscription sur le mur juste au-dessus de leurs têtes. En lettres de sang, dans une calligraphie sinistre, était écrit :

AZAZEL

Ensuite, la lampe découvrit le visage d'un homme. La peau mate, les traits durs, des cheveux noirs tressés qui lui allaient jusqu'aux épaules. Il était vêtu d'une simple toge beige, à moitié déchirée. Il ferma les yeux et s'effondra dans un râle juste à leurs pieds.
- Mizuki ! Il semble affamé. Il faut lui donner de l'eau et de quoi manger.
Le jeune homme se pencha auprès de la belle, lui murmurant à l'oreille.
- Tiens bon Mizuki. N'aie pas peur. Tout s'arrangera. Je ferai tout pour que les choses s'arrangent, je ne te lâcherai pas. Ne pense à rien d'autre qu'à ce que nous devons faire, et j'ai besoin de toi pour ranimer cet homme étrange.
Il lui caressa la joue avec tendresse.


Son verdict est toujours coupable, sa sentence est toujours la mort.
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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mar 21 Aoû - 23:57

Le contact trop bref avec les lèvres d'Ezis l'avait électrisée, si bien que toute peur avait disparu de son corps. Il n'y avait plus qu'Ezis. Un très léger frisson, presque déçu, parcourut son corps lorsque le blond se releva d'un coup, aux aguets. L'inscription sanglante sur la paroi fit à nouveau s'insinuer la peur dans l'esprit de la jeune fille. L'apparition soudaine de l'étranger ne fit que l'accroitre. Ezis parut s'en rendre compte, et le contact de ses doigts frais sur sa joue calma Mizuki. Elle se leva et tira de son sac sa petite bouteille d'eau. Ezis contrôla le pouls de l'homme et lui releva la tête doucement alors que Mizuki tentait de le faire boire. L'eau n'entra même pas dans sa bouche. Pour éviter de gâcher cette précieuse ressource, elle arracha un bout de sa manche avec son couteau suisse et l'imbiba d'eau, pour humidifier les lèvres de l'homme inconscient. Concentrée sur sa tâche, elle s'était penchée vers lui, et sentait le regard scrutateur d'Ezis sur sa nuque. Le visage de Tomas lui revint un instant en tête, la troublant profondément. Il était possible que tout cela ne soit au fond qu'une très mauvaise idée. Elle ferma les yeux, tentant de chasser cette gênante apparition. Elle pouvait encore sentir la texture des lèvres d'Ezis sur les siennes. Tomas n'avait jamais été... Elle se reprit brusquement, fermant la bouteille d'eau dans un geste empreint de colère. Elle se moquait bien de Tomas au fond. Elle sortit un paquet de biscuit, en tendit un à Ezis, et en émietta un autre dans sa main qu'elle donna petit à petit à l'homme qui semblait sortir peu à peu de sa convalescence. En se penchant vers lui pour lui parler, Ezis effleura sans le vouloir la hanche de Mizuki qui fut prise d'un violent tremblement. Elle se figea, surprise par sa propre réaction. Non seulement le frisson, mais aussi, et surtout, ce tintement de voix qu'elle avait bloqué dans sa gorge au dernier moment.


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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 22 Aoû - 19:10


Ezis se penchait sur l'homme et le questionna, après avoir jeté un regard de remerciement à Mizuki.
- Qui es-tu ? Tu ressembles aux Malades mais... Comme si tu n'étais pas atteint.
L'homme revenait à lui, et se dressa assez pour être assis. Il avait un accent étrange mais attrayant.
- Je suis Amonnakht. J'ai appris votre langue en cinq jours, aidé par un chat qui m'expliqua au mieux votre civilisation. Chez moi, les chats sont sacrés. Mais ils ne parlent pas ! J'ai cru être fou !
Il éclata d'un rire franc, révélant de magnifiques dents blanches. Son visage sembla beaucoup moins dur.
- Merci. J'avais faim et soif, mais je ne connais pas votre nourriture et je n'ai pas trouvé de puits... Je peux manger et boire encore un peu ?
Ezis lui tendit les gâteaux et l'eau. Un genoux à terre et la main sous le menton, il semblait réfléchir intensément.
- Sers-toi. Raconte-nous ton histoire.
Amonnakht parla tout en mangeant.
- Les Malades, comme tu dis, étaient mes frères. C'était mon peuple. Tu as raison de dire "Malade", car ils le sont, ils sombrent dans la démence et leur corps est affecté depuis que la maladie les ronge. Mais ils étaient autre chose avant, comme toi et moi, humains et sages... Les malades blancs ne sont pas de mon peuple mais ils le commandent parce qu'ils savent plus de choses sur vous, vos outils et la guerre. La maladie est encore jeune chez eux, elle n'a pas encore détruit leur intelligence, mais ça viendra. J'espère que vous n'avez pas cru que les blancs étaient supérieurs. Le Chat m'a dit que certains d'entre vous pensaient ce genre de choses. Et ce n'est même pas dû à une maladie ! Je n'aime pas beaucoup vos pays.
Ammonnakht avait englouti un paquet de gâteaux et semblait légèrement rassasié. Il désigna l'inscription sur le mur. Ezis était toujours silencieux, concentré.
- Je suis venu dans les tunnels pour ça, dit l'étranger. Il faut que je m'en occupe. Ensuite il faudra partir, ces souterrains sont maudits. Pourtant, plus tard, il faudra revenir...
Il se leva et sortit de ses vêtements en lambeaux une bourse pleine de sable qu'il jeta sur les lettres de sang. Il arracha ensuite un bout d'étoffe, le plaça un temps dans sa bouche, puis traça avec un signe invisible sur le mur tout en proférant des paroles dans une langue inconnue.
Ezis s'adressa à Mizuki :
- Tu te sens capable de marcher ? Nous devons sortir d'ici au plus vite.
Le groupe se mit en marche, et trouva rapidement une échelle menant vers la surface. Ammonakht, poussa, dévoila une musculature très développée. L'air frais fit du bien à tous. La rue dans laquelle ils avaient débouchés était vide. Ezis lit le nom de la rue et se repéra mentalement.
- Nous sommes sur la bonne route pour le Refuge.
Aussitôt ils poursuivirent leur chemin, Ammonakht les accompagnant sans mot dire. Les deux hommes étaient dans leurs pensées, visiblement préoccupés, mais Ezis regardait fréquemment Mizuki, lui signifiant qu'il était disponible pour l'écouter.




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Dernière édition par Le Marionnettiste le Mer 22 Aoû - 20:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je vais bien, tout va bien...   Mer 22 Aoû - 19:47

Le mot "Refuge" avait plongé Mizuki dans une intense réflexion. Elle avait complètement oublié que la destination d'Ezis n'était pas la même que la sienne. C'est donc avec un air contrarié qu'elle sortit dans la rue. L'air libre sur son visage lui fit du bien et elle glissa comme elle put le pied de biche dans son sac pour avoir les mains libres. Amonnakht les suivait sans parler. Son histoire tournait dans la tête de Mizuki. Son nom, son physique, et le fait qu'il avait mentionné le caractère sacré des chats lui laissait penser qu'il était sans doute égyptien. Cependant, un chat qui parle... Cela n'avait rien de courant. Elle sonda plus profondément les dires de l'étranger. Ainsi les "Malades" étaient égyptiens...? Mais que faisaient-ils ici dans ce cas? Ça n'avait aucun sens. Sentant une colère sourde monter de ses entrailles, elle préféra se détourner de ces réflexions sans queue ni tête. Elle finit par capter le regard d'Ezis, lui sourit et glissa sa main dans la sienne. A voix basse, elle lui dit:
- Tu sais, je n'ai pas trop envie d'aller au Refuge. Je sais que les chances de survie là-bas seront plus élevées, mais vraiment, ça me fait un peu peur. Ça me fait penser à ces vieux films qu'affectionnaient mon père, où les survivants d'une catastrophe s'organisaient en mini-société pour vivre. Ça finissait toujours mal.
Elle se sentait franchement ridicule. La présence d'Amonnakht la bloquait un peu, elle n'osait pas parler trop fort, de peur de le déranger. Elle leva la tête vers Ezis avec un pauvre sourire, lâcha sa main et se recroquevilla dans son petit monde, effrayée par l'idée de déranger qui que ce soit.


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